A pour "Après que"

Le spicilège de l'écrivain public

A pour Après que / Avant que

« Longtemps, longtemps, longtemps, après que les poètes ont disparu… »
La formule est jolie dans la bouche de Charles Trenet mais ceux qui osent s’en inspirer peuvent craindre quelques moqueries déplacées. Par discrétion ils préféreront peut-être « après que tu aies mangé » à « après que tu as mangé », de peur d’avoir à s’expliquer sur cette règle syntaxique de plus en plus méconnue.

Pourtant, si « avant que » doit bien être suivi du subjonctif, « après que » est normalement suivi de l'indicatif.
Le subjonctif contient en effet une part d'incertitude, au contraire de l'indicatif :
  - Il faut manger avant qu'il ne revienne. (peut-être qu'il ne reviendra pas)
  - Il est arrivé après que tu as mangé. (on est certain que tu as mangé)

Qu’on se rassure toutefois. On trouve des exemples de subjonctif après « après que » chez les plus grands, comme Sartre, Montherlant, Mauriac, Camus, Aragon…
« On observe [en effet] une tendance, surtout forte depuis le deuxième tiers du XXe siècle, à faire suivre après que du subjonctif. [...] Cette tendance a fait l'objet de vives critiques [...]. Elle paraît pourtant irrésistible. » (Grevisse, Le Bon usage, 13e éd., § 1082 a)